Quelle réponse face à la crise budgétaire des universités ?

Ce mercredi 12 février, en Commission des affaires culturelles et de l’éducation, j’ai interrogé M. Lamri Adoui, nouveau Président de France Universités, dans un contexte de crise budgétaire alarmant pour nos universités, aggravée par la loi de finances pour 2025. 

À cela s’ajoute une problématique majeure : l’état de délabrement des bâtiments universitaires, dont 70% datent des années 60 à 80 et pour lesquels les rénovations ont été insuffisantes. Il alourdit grandement la facture énergétique des établissements en 2024, sans grande perspective d’améliorations puisque le “Plan d’Efficacité Énergétique des Campus” n’avance pas, faute de financements.

Alors que 60 de nos 75 universités ont dû voter un budget en déficit cette année, je lui ai demandé quelles étaient les mesures de court et de moyen terme défendues par France Universités, pour éviter de voir se concrétiser le pire : augmentation des frais d’inscription, fermetures de sites, suppression de filières…

Dans sa réponse, M. Lamri Adoui a confirmé que la rénovation énergétique du patrimoine immobilier universitaire, qui représente un quart de celui de l’État, sera déterminante dans la transition énergétique. Il a également insisté sur la nécessité d’un grand plan de rénovation pour atteindre cet objectif.

Découvrez ma question : 

Verbatim de mon intervention : 

Pierrick COURBON : 

Monsieur le Président, bonjour. Votre association France Universités a toujours cultivé une position de neutralité et de pondération dans le monde universitaire. Aussi, vos alertes doivent être appréciées à leur juste valeur.

Vous avez conduit un certain nombre d’actions remarquées cette année pour alerter sur la crise que traversent nos universités dont certaines seraient en situation de quasi faillite selon vos propres mots. 60 des 75 universités ont ainsi voté des budgets en déficit. Toutes sont en effet confrontées à des surcoûts de l’ordre de 500 millions d’euros en 2025 qui s’ajoutent à une lourde dette structurelle. Cette situation budgétaire alarmante va encore être aggravée par la loi de finances pour 2025.

Alors certes, la commission mixte paritaire a pu apporter certains correctifs, vous les avez évoqués, la compensation partielle de la hausse des cotisations employeurs sur les pensions retraite, des amendements qui permettent de récupérer, sans jamais l’atteindre, l’objectif de la trajectoire de la LPR mais véritablement le compte n’y est pas et on est loin d’atteindre une pleine compensation de ces surcoûts et encore moins de rattraper le retard cumulé puisque les problématiques existent depuis de nombreuses années.

L’engagement de l’État pour l’enseignement supérieur a clairement plongé ces dernières années. Les dotations par étudiant sont ainsi passées de 10 676 euros par étudiant en 2012 à 8 536 euros par étudiant aujourd’hui, en euros constants.

Autre motif d’inquiétude pour l’avenir, l’état de dégradation des bâtiments qui place nos universités parmi les plus grandes consommatrices d’énergie du secteur public. Outre l’impact écologique, cela se traduit par des coûts qui ont explosé et qui se chiffrent en centaines de millions d’euros : plus 30% de dépenses énergétiques en 2024. Et dans le même temps, le programme de rénovation énergétique “Plan Efficacité Énergétique Campus”, qui devait traiter cette situation, est à l’arrêt dans de nombreux établissements, faute de financements.

Aussi, à l’issue du débat budgétaire, quelles sont les mesures pour lesquelles France Universités plaide ? Mesures de court terme et de moyen terme pour éviter des décisions douloureuses qui s’annoncent dans un certain nombre de territoires : la hausse des frais d’inscription, la fermeture de sites de proximité ou encore la suppression de certaines filières. Je vous remercie.

 

Lamri ADOUI :

Sur la question de l’état immobilier du patrimoine de l’université, c’est tout à fait exact. Il faut savoir que l’immobilier universitaire représente un quart du patrimoine immobilier de l’Etat et que si l’Etat veut réussir à un moment donné sa transition énergétique et donc la rénovation énergétique des bâtiments, il faudra absolument qu’il y ait un grand plan de rénovation de ce bâti, y compris si on veut que les universités prennent à un moment donné la dévolution du patrimoine immobilier. Ce qui nécessitera évidemment un accompagnement.

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