Ce mercredi 19 février, je suis intervenu sur la proposition de loi visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole, à l’occasion de son examen en Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.
Ce texte issu du Sénat sera discuté en séance publique en mars prochain lors de la journée d’initiative du groupe MoDem.
Bien que comportant des avancées certaines dans la lutte contre cette espèce invasive, il demeurera grandement insuffisant pour apporter une réponse à la hauteur du fléau que représente aujourd’hui le frelon asiatique.
Depuis trop longtemps, l’État a été le grand absent de la lutte contre le frelon, laissant aux seules collectivités locales et acteurs socio-économiques territoriaux la responsabilité d’essayer d’endiguer, en vain, la prolifération de l’espèce.
Parmi les faiblesses de ce texte, l’absence de dispositif contraignant pour les propriétaires de parcelles sur lesquelles se trouvent des nids, quand ceux-ci ne souhaitent pas procéder à leur destruction.
Plus largement, j’ai aussi voulu dénoncer l’hypocrisie de certains collègues, enclins à vouloir soutenir dans leur discours les abeilles et l’apiculture, à travers l’adoption à l’unanimité de ce texte, tout en s’apprêtant à soutenir d’ici quelques semaines une autre loi autorisant la réintroduction des néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles que nous avions réussi à faire interdire il y a quelques années.
Découvrez mon intervention :
Verbatim de mon intervention :
Pierrick COURBON :
Merci Madame la Présidente, Monsieur le rapporteur, merci de m’accueillir au sein de votre Commission.
Je voulais saluer aussi le travail, et la poursuite de l’avancée parlementaire de ce texte là, même si entre le moment où il a été imaginé, puis déposé au Sénat, et le moment où nous allons, de toute évidence, l’adopter ici, les dangers et les ravages causés par le frelon asiatique se sont développés et auraient mérité un texte beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus offensif. En effet, on voit bien que malgré les avancées que cela va permettre, on ne sera pas dans une politique suffisamment efficace pour préserver la filière apicole.
J’aurai simplement deux remarques extrêmement brèves : que fait-on par rapport à la suppression du dispositif relatif à l’obligation qui était faite aux propriétaires privés de procéder à la destruction de nids parce que pour le coup, effectivement, les frelons ne connaissent pas les frontières administratives et si on a affaire à un propriétaire privé qui ne se soucie pas du tout du sujet, c’est un vrai problème, et le deuxième sujet, c’est l’appel à la cohérence que je lance à nos collègues par rapport à un certain nombre de textes. À quoi bon vouloir préserver les abeilles du frelon asiatique aujourd’hui en autorisant demain les néonicotinoïdes ?
Jean-Pierre TAITE :
Alors merci Madame la Présidente.
Non, juste très simplement, et merci M. le rapporteur pour le travail qui a été fait et l’intervention de l’ensemble des collègues. Je voudrais rebondir sur celle de Pierrick COURBON, mon collègue ligérien, pour avoir vécu, comme beaucoup d’entre nous en tant que Maire, la problématique d’un nid de frelons asiatiques dans une propriété privée où le propriétaire ne voulait pas qu’on intervienne.
Ça a été un vrai sujet. Alors que les pompiers de la ville que je gérais étaient en capacité avec la grande échelle d’intervenir, on aurait pu faire les choses pour que ça se fasse, c’était à proximité d’une école. Il a fallu plusieurs semaines pour qu’on puisse avoir son accord et ça a été un accord tacite.
Et je pense que la bonne question de Pierrick COURBON, c’est que fait-on pour les propriétaires privés qui ne souhaitent pas ou qui ne veulent pas qu’on rentre sur leur propriété ?
Je pense, Mickaël (COSSON, rapporteur du texte), qu’il y a un vrai sujet.
Merci Madame la Présidente.

