11 jours pour obtenir un rendez-vous avec un généraliste, 93 jours pour un gynécologue, 189 jours pour un ophtalmologue … Les difficultés d’accès aux soins sont une réalité tragique pour 9 millions de Français qui vivent dans un désert médical, dont 6 millions n’ont pas de médecin traitant.
Derrière ces chiffres alarmants, qui sont des moyennes nationales, se cachent de fortes disparités territoriales. Longtemps réservé aux campagnes, le phénomène touche également de plein fouet les villes, dans l’agglomération stéphanoise comme dans le reste de la Loire.
Afin de remédier à cette situation, qui pourrait encore s’aggraver avec les nombreux départs à la retraite de médecins sans être remplacés, dès mon élection j’ai souhaité m’engager au sein d’un groupe de travail transpartisan, créé à l’initiative de mon collègue Guillaume GAROT. Il rassemble aujourd’hui 255 députés, issus de 9 groupes politiques.
Ce mercredi 3 avril, lors de l’examen de notre proposition de loi en séance publique, nous sommes parvenus à faire adopter l’article 1er du texte, contre l’avis du gouvernement. Celui-ci prévoit de flécher l’installation des médecins vers les zones en déficit de soignants, par le biais d’une autorisation délivrée par l’Agence régionale de santé (ARS).
Le principe est simple : dans les territoires sous-dotés, l’autorisation est délivrée de droit pour toute nouvelle installation, alors que dans les territoires mieux pourvus, l’autorisation n’est délivrée que si l’installation fait suite au départ d’un médecin.
J’assume pleinement la mise en œuvre d’un principe de régulation, consistant à encadrer et non à supprimer la liberté d’installation des médecins. Par ailleurs, je rappelle que cette régulation n’interdit en rien le gouvernement de réfléchir à des mesures incitatives complémentaires.
Il est à noter que le Rassemblement national est le seul groupe politique à avoir voté unanimement contre. Pourtant, face aux intérêts corporatistes et aux petits calculs politiciens, l’enjeu est de taille. Il s’agit ni plus ni moins que de restaurer notre promesse républicaine d’égalité de tous devant la santé.
L’adoption de cet article marque une première victoire majeure dans la lutte contre les déserts médicaux et pour l’accès aux soins dans nos territoires. Elle est le résultat d’un travail sans relâche de notre groupe transpartisan, qui se concrétisera les 6 et 7 mai prochain avec la poursuite de l’examen de notre proposition de loi.
La vidéo du vote en séance publique :
À lire dans la presse :
Déserts médicaux : le député Courbon « assume » de vouloir contraindre l'installation des médecins
Il sait que la proposition de loi à laquelle il a travaillé « ne leur fait pas plaisir », mais Pierrick Courbon le répète : il « assume ». Passé contre l’avis du gouvernement, l’article 1er du texte, auquel le député de la Loire a collaboré, prévoit de flécher l’installation des médecins vers les zones en déficit de soignants par le biais d’une autorisation délivrée par l’Agence régionale de santé.
Sylvie Filley-Bernard de l’URPS Médecins libéraux AURA : « Déplacer des médecins, ce n’est pas la bonne solution »
Ce mercredi 9 avril, le docteur Sylvie Filley-Bernard, présidente de l’URPS médecins libéraux Auvergne Rhône-Alpes, sera à Saint-Etienne. L’objectif est d’aller à la rencontre des médecins libéraux et élus du département sur le thème « les enjeux liés à la médecine libérale et l’attractivité pour la profession dans les territoires », et de travailler ensemble sur de nouveaux modèles…

