Réforme systémique des bourses

J’ai été récemment sollicité par une organisation étudiante au sujet de la réforme systémique des bourses. Promise dans les campagnes de 2017 et de 2022, par le Président de la République, cette remise-à-plat des critères d’attribution et surtout du montant de ces aides pour les étudiants se fait malheureusement attendre, alors que la précarité des jeunes générations n’a jamais été aussi grande. J’ai donc interrogé le Ministre de l’Enseignement supérieur sur ce point.

Découvrez ma question : 

Pierrick Courbon attire l’attention de M. le ministre auprès de la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, sur l’aggravation de la précarité étudiante et les dysfonctionnements structurels qui l’accentuent. Alors que 20 % des étudiants déclarent ne pas manger à leur faim selon le baromètre 2025 d’une organisation étudiante, d’autres indicateurs révèlent une crise multidimensionnelle : 63 % des bénéficiaires des épiceries sociales ne perçoivent aucune bourse, 51 % des étudiants vivent avec moins de 50 euros par mois après charges, 3 étudiants sur 4 vivant avec moins de 100 euros par mois, 97 % des bénéficiaires de l’aide alimentaire vivent sous le seuil de pauvreté. Les CROUS, déjà sous tension, manquent de moyens pour répondre aux demandes d’aides d’urgence. Cette situation est exacerbée par la réduction du nombre de commissions d’étude des situations sociales, limitant l’accès aux dispositifs d’exonération ou de soutien financier. Par exemple, à Sciences Po, seuls 62 % des étudiants ayant sollicité la commission sociale ont obtenu une exonération en 2023-2024, illustrant les effets de seuil et les critères restrictifs. Pourtant, la réforme systémique des bourses, promise depuis 2017 et réinscrite dans la feuille de route du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, tarde à se concrétiser. Les arbitrages budgétaires semblent bloquer sa mise en œuvre, alors que l’inflation aggrave le quotidien des étudiants : 60 % d’entre eux ont modifié leurs habitudes alimentaires en raison des prix et 40 % renoncent aux soins médicaux. Aussi, il lui demande quand le Gouvernement compte prendre des mesures urgentes pour renforcer les moyens des CROUS, rétablir des commissions sociales accessibles et accélérer la réforme des bourses afin de répondre à l’urgence décrite par les associations étudiantes.

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