Ce mardi 3 juin, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture et à l’unanimité la proposition de loi « portant reconnaissance de la Nation envers les rapatriés d’Indochine et réparation des préjudices subis par ceux-ci et leurs familles du fait de l’indignité de leurs conditions ».
Ce texte transpartisan, porté par mon collègue Olivier Faure, vient reconnaître la dette de la Nation envers les anciens supplétifs de l’Indochine et leurs familles. Ces femmes, ces hommes, ces enfants, longtemps relégués aux marges de notre mémoire nationale, voient enfin leur engagement et leurs souffrances pris en compte par l’État.
Concrètement, le texte vise à réparer une injustice historique, en étendant aux anciens supplétifs en Indochine les droits sociaux accordés aux autres anciens combattants. Il prévoit notamment une meilleure reconnaissance de leur statut, l’ouverture de droits à pension pour les veuves et la facilitation du regroupement familial pour les descendants. Une avancée importante pour restaurer leur dignité et leur place dans l’Histoire de France.
Les débats ont permis de rappeler les conditions de vie « indignes » dans des « camps dirigés par d’anciens cadres coloniaux ». Ces lieux ont été décrits avec leurs « barrières, barbelés, couvre-feu, salut au drapeau, autorisation pour les visites, pour les entrées, pour les
sorties… ». Il y était interdit de posséder des signes extérieurs de richesse tels qu’une télévision ou une voiture.
À l’instar de la loi « portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d’Algérie » adoptée en 2022, c’est une avancée que nous devons saluer.
Il n’est jamais trop tard pour rendre justice, car la mémoire se construit aussi dans les actes législatifs qui disent ce que nous sommes et ce que nous refusons d’oublier.

