Comme beaucoup de mes concitoyens, je constate avec regret l’échec du « conclave » sur les retraites. C’est une mauvaise nouvelle. Cet échec est le résultat de l’intransigeance des organisations patronales, en particulier du MEDEF, qui n’ont pas fait preuve du même sens du compromis que les organisations syndicales, dont je salue l’engagement.
Cet échec est aussi la conséquence des différentes déclarations du Premier ministre François BAYROU, qui sont venues saboter les travaux du conclave et contredire sa propre parole.
Alors qu’il avait promis, dans sa déclaration de politique générale du 14 janvier, que les partenaires sociaux pourraient débattre de tout « sans aucun totem, ni tabou – pas même l’âge de la retraite », il a déclaré le 18 mars devant l’Assemblée nationale, qu’un retour à 62 ans n’était « pas possible ».
Le 17 juin, lors des questions d’actualité, le Premier ministre a indiqué que « sans accord, c’est la réforme Borne qui s’appliquera », alors qu’il s’était publiquement, et à maintes reprises, engagé, notamment par son courrier du 16 janvier, à ce que le Parlement puisse avoir, « en tout état de cause, le dernier mot ».
Interrogé ce mardi par le Président des députés socialistes Boris Vallaud, le Premier ministre a confirmé ses propos de mardi dernier : il ne s’engage pas à permettre au Parlement de débattre de tout, et en particulier de la mesure d’âge, c’est-à-dire des modalités d’un retour à la retraite à 62 ans.
Ces propos constituent une trahison majeure de ses nombreux engagements pris publiquement, visant notamment à ce que le Parlement puisse avoir le « dernier mot » sur cette réforme.
Le respect de la parole donnée étant un fondement de notre démocratie, c’est une nouvelle trahison des représentants de la Nation, et à travers eux, des travailleuses et travailleurs, qui sont les premières victimes de cet « impôt sur la vie » qu’est le recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans.
C’est pourquoi, les députés socialistes et apparentés déposeront et voteront une motion de censure contre le Gouvernement de François BAYROU.
Celle-ci devrait être débattue et soumise au vote en début de semaine prochaine.






