Déserts médicaux et « zones rouges » : des mesures de fond sont plus que jamais nécessaires

Le ministère de la Santé et de l’Accès aux soins a récemment publié une liste de 151 intercommunalités, définies comme des « zones rouges », où l’accès aux soins est particulièrement dégradé et considérées comme les plus « vulnérables » face à la désertification médicale. C’est dans ces territoires que devront être organisées, à partir de la rentrée 2025, les consultations avancées de médecins (la « Mission de solidarité obligatoire ») annoncées par le Gouvernement en avril dernier.

Dans la Loire, seule la communauté de communes du Pays d’Urfé est concernée, excluant ainsi tout le reste du territoire ligérien, dont la 1ère circonscription et l’ensemble du bassin stéphanois.

Si j’entends parfaitement que cette première cartographie se concentre principalement sur des territoires où se cumulent isolement géographique et très faible densité médicale, je regrette fortement que le territoire stéphanois soit exclu durablement de toute action volontariste de la part du Gouvernement.

Ces consultations avancées posent en elles-mêmes de nombreuses questions : disponibilité de médecins exerçant à proximité des zones rouges, c’est-à-dire dans des territoires déjà très tendus ; absence ou quasi-absence de zones rouges dans des régions entières ; caractère pour le moment facultatif – donc aléatoire – des consultations avancées ; et surtout, absence de suivi régulier des patients par le même praticien.

Il s’agit, selon l’aveu même du Gouvernement, d’un dispositif destiné à parer à l’urgence, là où la situation l’exige le plus. Cette initiative ne peut en rien remplacer les réponses de fond qui doivent être apportées pour garantir une meilleure répartition de nos médecins.

Non, toute la France n’est pas un désert médical ; oui, la répartition de nos médecins peut et doit être plus équitable entre les territoires, et donc entre les Français.

En ce sens, l’inscription dans les meilleurs délais de la proposition de loi transpartisane – largement votée par l’Assemblée nationale le 7 mai dernier – instaurant de façon historique le principe de régulation de l’installation de médecins, à l’ordre du jour du Sénat, demeure plus que jamais indispensable.

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