J’étais présent, mercredi 17 septembre, au sein de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation, pour échanger avec les représentants des syndicats d’enseignants du premier degré, quelques jours après la rentrée scolaire.
À cette occasion, j’ai tenu à saluer l’engagement des professionnels de l’École, et à rappeler les difficultés auxquelles font face les enseignants et l’ensemble des personnels de l’Éducation Nationale.
J’ai notamment insisté sur le fait que la baisse de la démographie scolaire, qui se confirme et va même s’accélérer dans le premier degré, ne doit pas être un prétexte pour supprimer des postes de fonctionnaires et fermer des classes, mais au contraire, doit être considérée comme une opportunité pour améliorer les taux d’encadrement des élèves dans nos écoles, au service de la réussite scolaire et de l’amélioration des conditions de travail des enseignants.
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Le verbatim de mon intervention
Mesdames, Messieurs les représentants syndicaux,
Je tiens à vous remercier pour votre présence devant notre commission, quelques jours après cette rentrée scolaire marquée par la terrible disparition de Caroline Grandjean, enseignante harcelée depuis de nombreux mois.
Nos pensées vont à ses proches et à l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale.
Je veux avec vous aborder prioritairement la question de la démographie, avec des effectifs du premier degré qui ont déjà fondu de 8% depuis 2015 et une baisse attendue de 19% dans les dix prochaines années. Certains y voient une opportunité pour « trancher » dans les effectifs de la fonction publique, et par conséquent, un prétexte pour fermer des classes.
Mais pour nous, il s’agit d’une chance historique pour réaliser une baisse significative des effectifs par classe pour ainsi se rapprocher des standards de nos voisins européens, car nous comptons parmi les pires élèves en la matière.
Le nombre d’enfants par enseignant joue un rôle évident sur la qualité des apprentissages et peut constituer l’une des explications de notre mauvaise position dans les évaluations internationales du niveau scolaire ou des lacunes dans certaines disciplines. Il est toujours étonnant de voir comment cette donnée est systématiquement évacuée dans les comparatifs de niveau.
Par ailleurs, le non-accompagnement, en termes de RH, de cette baisse démographique, pourrait permettra d’agir concrètement sur le sujet des remplacements. De l’aveu même de la Ministre, il n’y avait déjà pas un professeur devant chaque classe à la rentrée. Et il n’y aura vraisemblablement pas non plus suffisamment de professeurs pour assurer les remplacements tout au long de l’année.
Et puis, la baisse du nombre moyen d’élèves par classe permettrait à n’en pas douter d’améliorer aussi vos conditions de travail, incontestablement l’un des facteurs de l’attractivité en perdition de votre métier, avec le sujet des rémunérations, bien entendu. Tant qu’un effort considérable ne sera pas consenti sur ces deux points, tous les sujets sembleront accessoires et les réformes resteront vaines, et ce n’est pas le patinage de la réforme de la formation des enseignants qui inversera la tendance, tant les incertitudes qui la caractérisent encore à ce jour minent le moral des étudiants et des aspirants au concours.

