Nous avions entamé le 24 octobre dernier les débats sur la partie “Recettes” du budget de l’État pour 2026 (PLF 2026) avec un objectif de justice fiscale : dégager des recettes nouvelles en faisant contribuer les grandes fortunes et les grandes entreprises afin de pouvoir épargner les classes populaires et moyennes comme les TPE et les PME.
Grâce à notre mobilisation, avec les députés socialistes et apparentés, nous avons obtenu des premières avancées en faisant à la fois contribuer :
– Les grandes fortunes et le monde de la finance : création d’un nouvel ISF sur la fortune improductive, élargissement de la taxe sur les transactions financières, plafonnement de certaines niches fiscales comme le pacte Dutreil …
– Les grandes entreprises et les multinationales : contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, taxation des super-dividendes et contribution sur les géants du numérique (GAFAM) …
Malheureusement, l’intransigeance d’une partie du bloc macroniste associée à la dislocation du “socle commun” a fait échec à la taxe Zucman et à toute contribution des hauts patrimoines. Pire, la taxe sur les holdings patrimoniales, dont le rendement était déjà faible, a encore été réduite.
Les milliardaires ont aussi pu compter sur le soutien du Rassemblement national qui a fait tomber les masques pendant ces débats budgétaires en tournant le dos aux ouvriers et aux employés.
Aujourd’hui, force est de constater que nous ne disposons pas des recettes suffisantes pour effacer les coupes budgétaires de la partie “Dépenses” du budget de l’État sur nos services publics, l’écologie, l’éducation, l’agriculture, les collectivités territoriales ou les territoires d’outre-mer.
J’ai donc voté contre la partie “Recettes” du budget de l’État.
Le rejet du budget de l’État en première lecture à l’Assemblée nationale doit conduire au sursaut de l’ensemble des forces politiques. En premier lieu le gouvernement, qui détermine et conduit la politique de la nation, et certains groupes à la droite de la majorité qui refusent encore le principe du compromis et demeurent dans la défense d’un bilan sanctionné par les Français.
D’une manière générale, aucun député sincèrement attaché à la démocratie parlementaire ne saurait faire le pari du pire ou se comporter en passager clandestin. Chacun doit à cet instant prendre ses responsabilités. Ne laissons pas le Parlement se faire déposséder de sa plus importante prérogative : le débat et le vote du budget de l’État.
Depuis le début des débats budgétaires, les Socialistes ont fait la preuve de leur responsabilité. D’ici le retour du projet de loi de finances, nous continuerons à chercher le chemin pour donner à la France un budget juste, qui ne met pas à contribution les classes populaires et moyennes, permet la préparation de l’avenir et soutient le fonctionnement de nos services publics.

