Mercredi 3 décembre, en Commission des affaires culturelles, j’ai pu échanger avec les représentants de l’ARCOM présents à l’Assemblée nationale, au sujet du piratage audiovisuel des événements sportifs.
La lutte contre le piratage sportif demeure un enjeu majeur alors que les pratiques illicites, notamment via l’IPTV, progressent rapidement. Ce phénomène représente un préjudice économique pour les professionnels du sport comme pour le sport amateur. Ainsi, le développement d’offres légales accessibles à un tarif raisonnable, comme « Ligue 1+ », montre son efficacité commerciale et participe de façon efficace à combattre les piratages.
À l’inverse, les multiples abonnements nécessaires pour avoir accès à une offre complète et leurs coûts parfois prohibitifs accentuent l’attractivité du marché illégal pour une partie du public.
Voir mon intervention :
Verbatim
Monsieur le Président,
Nous nous rejoignons sur la nécessaire lutte contre le piratage, fortement nuisible à la chaîne de valeur, que ce soit dans le domaine culturel ou sportif.
Le développement de pratiques illicites est significatif, avec de nouveaux phénomènes qui évoluent, comme souvent, bien plus rapidement que les outils et les moyens de lutte, je pense en priorité à l’IPTV.
Concernant le piratage des événements sportifs plus spécifiquement, le constat est là aussi inquiétant, avec un manque à gagner de 290 millions d’euros pour le sport français, dont 15 millions d’euros en moins pour la Taxe Buffet.
Sur ce point, il me parait important de rappeler que le piratage nuit aux clubs professionnels et à leur modèle économique… Mais aussi à l’ensemble du sport amateur qui est privé par ricochet de cette recette pourtant majeure.
Pour ma part, je considère que le meilleur moyen pour lutter efficacement contre le « piratage sportif » est de promouvoir conjointement le sport gratuit en clair à la télévision, et à défaut de proposer des abonnements accessibles aux chaînes sportives pour la plupart de nos concitoyens.
Je rejoins donc parfaitement l’exemple cité dès votre introduction, sur le récent succès de la chaîne « Ligue 1+ » qui montre « qu’une offre légale de qualité, économiquement abordable et répondant aux attentes des spectateurs, participe activement à endiguer le piratage ».
L’un des chiffres encourageants sur ce sujet qui provient d’un de vos « Essentiels » du mois de mai dernier : « 60% des consommateurs illicites sont abonnés à une offre de sport légale ». Il n’y a donc pas un cloisonnement ferme entre les publics, mais bien un choix économique pour la plupart d’entre eux.
La multiplication d’abonnements coûteux pour visionner les différentes compétitions d’un même sport, voire les matchs d’un même club, parait particulièrement mortifère pour l’ensemble de la filière et pour le monde du sport, et cela devrait être davantage prise en compte dans les démarches d’allotissement.
Nous regarderons toutefois avec intérêt vos propositions d’amendements sur les différents véhicules législatifs à venir, en particulier la loi sur le financement du sport professionnel dont nous attendons l’inscription à l’ordre du jour.
Je vous remercie.

