Le débat parlementaire, que certains voulaient éviter ou empêcher, aura permis de profondément revoir la copie initiale du Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 proposée par le Gouvernement et ainsi de corriger de nombreuses propositions inacceptables qu’il contenait.
Ainsi, grâce à une forte mobilisation dans l’hémicycle, nous avons pu « arracher » au Gouvernement :
– la suspension de la réforme des retraites, étape préalable à son abrogation qui demeure notre seul objectif ;
– la suppression du gel des prestations sociales en 2026, donc le rejet de l’année blanche souhaitée par le Gouvernement ;
– le rejet du gel des pensions de retraite et du barème de la contribution sociale généralisée (CSG), qui auraient pénalisé les retraités les plus modestes ;
– le renoncement au doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires ;
– la suppression de la baisse des remboursements de médicaments pour les personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD) ;
– l’annulation de l’augmentation des cotisations sur les apprentis qui aurait fortement impacté leur rémunération déjà particulièrement faible.
Nous avons par ailleurs défendu une augmentation de l’objectif national de dépenses de l’Assurance maladie (ONDAM), dont une hausse de 3% a été adoptée cet après-midi, afin de redonner des moyens à l’Hôpital public.
Parce que nous ne voulions pas « laisser filer le déficit », nous avons également proposé de nouvelles recettes pour financer notre modèle social, et nous avons ainsi pu obtenir une hausse de la CSG sur les revenus du capital, donc sur l’épargne des plus grandes fortunes, d’un rendement toutefois nettement plus modeste en 2ème lecture qu’en 1ère.
Malgré ces « victoires » difficilement acquises, j’ai pris la décision de m’abstenir lors du scrutin solennel sur le PLFSS.
En effet, bien que le texte final ait été largement amélioré, je considère que celui-ci demeure largement insuffisant face aux défis auxquels est confronté notre système de santé, et compte tenu des attentes légitimes de nos concitoyens vis-à-vis du sujet de l’accès aux soins.
Un véritable tournant budgétaire doit avoir lieu pour réaliser à la fois les investissements nécessaires et donner au quotidien les moyens indispensables à la préservation de notre modèle social.
Par ailleurs, j’estime toujours que le vote d’un texte budgétaire, quand bien même il ne s’agit « que » du budget de la sécurité sociale, demeure un acte démocratique majeur qui détermine un positionnement politique vis-à-vis du Gouvernement.
Élu sur une logique d’opposition claire et résolue à la politique conduite par Emmanuel Macron et ses alliés, il reste pour moi inenvisageable d’apporter mon soutien à l’un de « ses » budgets.
Lire dans la presse :
Budget de la Sécu : Qui va voter quoi ce mardi lors du vote solennel ?
Les députés sont appelés à se prononcer, ce mardi 9 décembre, sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, examiné en nouvelle lecture. Après les concessions faites, notamment aux socialistes, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, parviendra-t-il à obtenir une majorité sur le texte ?
Budget de la Sécu : entre Faure et Lecornu, un mariage en trois actes, avant l’enterrement ?
Alors qu’Olivier Faure a ouvertement appelé ses troupes à voter en faveur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale mardi, le suspense reste total quant à l’issue du scrutin. Retour sur des semaines de rebondissements durant lesquelles s’est scellé l’accord entre le PS et les macronistes.

