Jeudi soir, la France a obtenu avec l’Italie un report à l’arraché du vote du conseil de l’Union Européenne sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur.
Ce sursis ne doit pas nous détourner de l’essentiel : tout doit être mis en œuvre pour empêcher cet accord commercial inacceptable et dangereux qui risquerait de déstabiliser notre pays comme première puissance agricole européenne.
Déjà en proie à des difficultés structurelles et à l’absence de prix rémunérateurs, nos agriculteurs, et en particulier nos éleveurs qui font aujourd’hui face à une nouvelle épizootie avec la crise sanitaire de la DNC, ont besoin d’une vision claire pour notre agriculture et d’être protégés face à la concurrence déloyale de produits agricoles et alimentaires qui ne respectent aucune de nos normes environnementales et sociales.
Les récentes tergiversations du Président de la République qui déclarait fin octobre être « plutôt positif » sur la possibilité d’accepter l’accord commercial UE-Mercosur et l’incapacité du gouvernement à former une minorité de blocage affaiblissent depuis maintenant plusieurs mois la voix de la France à Bruxelles.
Ces hésitations ne reflètent pas la position unanime du Parlement français qui s’est exprimé à plusieurs reprises contre cet accord commercial. Le groupe Socialistes et apparentés a fait adopter à l’unanimité, dès le 30 janvier 2025, une proposition de résolution européenne contre l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur.
Nous le redisons haut et fort : aucune clause de sauvegarde, aucune mesure miroir au rabais, aucun ajustement à la marge ne rendra acceptable cet accord commercial daté, d’un autre temps, qui déstabiliserait profondément nos marchés et affaiblirait notre balance commerciale agroalimentaire, déficitaire cette année pour la première fois depuis 50 ans !
Il est par ailleurs inacceptable que le gouvernement n’ait toujours pas saisi la Cour de justice de l’Union Européenne pour plaider la non-conformité de cet accord commercial au regard de nos objectifs climatiques.
Nos agriculteurs ont besoin d’être soutenus en refusant définitivement cet accord commercial et en plaidant pour une politique agricole commune aux ambitions relevées.

