Budget 2026 : reprise des débats

Ce mardi 13 janvier, nous reprenons les débats sur le projet de loi de finances pour 2026 dans l’hémicycle.

La loi spéciale votée à la fin de l’année permet un fonctionnement minimal des services publics, mais elle n’est pas un budget, c’est une simple transition. Nous l’avons vu en 2025, au bout de deux mois, elle a des conséquences économiques dont les premières victimes sont les collectivités, les associations, les entreprises et les ouvriers du BTP, les agriculteurs…

Les travaux reprennent donc sur la version issue de l’examen au Sénat, où la droite sénatoriale n’aura fait qu’aggraver ce projet de loi avec 8 milliards de cadeaux fiscaux aux grandes fortunes et aux grandes entreprises (suppression de la surtaxe d’impôt sur les sociétés, allègement de la taxe sur les holdings, baisse de l’impôt sur la fortune immobilier, baisse de la contribution différentielle sur les hauts revenus). Avec un déficit public estimé à 5,3 % du PIB pour cette version du texte, la majorité sénatoriale aura une nouvelle fois prouvé que les cadeaux fiscaux aux plus riches creusent les inégalités ET la dette.

Depuis la fin du mois d’août, par une forte présence en séance publique, je me suis engagé dans ces discussions budgétaires avec des principes constants et simples : épargner les Français et les Françaises qui n’ont que leur force de travail pour vivre des efforts d’économies et soutenir leur pouvoir d’achat, mettre à contribution les grandes fortunes et les hauts patrimoines qui sont depuis trop longtemps les passagers clandestins de la solidarité nationale, préparer l’avenir en protégeant nos services publics et en engageant la transition écologique.

Avec mes collègues députés du groupe “Socialistes et apparentés”, nous aurons les mêmes exigences pour ce nouvel examen, afin de considérablement améliorer le texte et être utile à la vie quotidienne de nos concitoyens. Ainsi, nos grands combats seront :

  • pour la préservation du pouvoir d’achat : nous défendrons la suppression totale de l’année blanche (le gel du barème de l’IR, de l’AAH ou du RSA est encore prévu dans le PLF) et des coupes sur la prime d’activité (une coupe de plus de 1 milliard d’euros est prévue). Avec l’absence de budget au 31 décembre, le Gouvernement a déjà dû renoncer à son projet de fiscalisation des revenus des personnes en affection longue durée (ALD),
  • pour la protection de nos services publics et de nos associations : nous nous nous opposerons à la suppression de 4 000 postes d’enseignants, aux mesures d’économies touchant l’enseignement supérieur et à la recherche ainsi qu’aux coupes sur le Pass’sport et les services civiques qui vont pénaliser notre jeunesse. Nous nous mobiliserons bien sûr pour l’économie sociale et solidaire et la formation professionnelle,
  • pour faciliter l’accès au logement : nous défendrons le dégel des APL et l’augmentation des moyens des bailleurs sociaux et nous nous opposerons aux coupes sur Ma Prime Rénov’, un outil indispensable pour massifier la rénovation énergétique des bâtiments,
  • pour engager la transition écologique : nous nous opposerons aux coupes sur le fonds vert, un outil indispensable pour la transformation écologique de nos territoires (il est prévu que son montant soit réduit par 4 depuis 2024), aux baisses de crédits dédiés à la réduction des pesticides (Écophyto) et nous défendrons les aides à l’acquisition de véhicules propres qui reculent de 80 %,
  • et bien sûr pour rétablir la justice fiscale : nous défendrons évidemment de nouveau la taxe Zucman, la création d’un nouvel ISF sur les hauts patrimoines, la prolongation de la contribution sur les hauts revenus (CDHR), l’augmentation de la contribution sur les très grandes entreprises (surtaxe IS), une taxe sur les holdings et la réforme des nombreuses niches fiscales (Dutreil, Madelin …) afin de lutter contre l’optimisation fiscale.

Nous nous battrons également pour préserver les valeurs de solidarité et d’humanité de la France en nous opposant aux coupes massives sur l’aide publique au développement et à la hausse des droits de timbre relatifs au droit au séjour et à l’accès à la nationalité française.

Ainsi, je m’opposerai fermement à la version actuelle de ce texte. Nos propositions pour revoir ce budget sont connues.

La responsabilité est désormais entre les mains du socle commun et du Gouvernement. Nous le redirons autant que nécessaire : il n’y aura pas de budget sans justice, sans protection du pouvoir d’achat et des services publics, sans capacité à engager la transition écologique.

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