Budget 2026 : le retour inacceptable du 49.3 doit être sanctionné

En octobre 2025, j’avais renoncé temporairement à censurer le Gouvernement Lecornu, fraîchement renommé, en raison de l’engagement du Premier Ministre de suspendre la réforme des retraites, d’une part, mais surtout de sa promesse de ne plus recourir à l’usage du 49.3, dans un contexte où son Gouvernement ne dispose d’aucune majorité.

Depuis près de quatre mois, nous avons « joué le jeu » du débat parlementaire, défendant des mesures largement majoritaires dans l’opinion publique, que ce soit en termes de justice fiscale, par la mise à contribution des plus grandes fortunes du pays, la défense de nos services publics, le pouvoir d’achat des plus modestes et la nécessaire transition écologique.

Ce débat a permis des inflexions réelles que je ne veux pas invisibiliser : suppression de l’année blanche, augmentation de la prime d’activité, mesures symboliques ciblées sur la jeunesse ou le logement…

Ces « avancées » auraient-elles toutefois suffi à permettre au Député d’opposition que je suis de soutenir ce budget, quand le positionnement politique sur le vote d’un texte budgétaire définit qui appartient à la majorité ou à l’opposition ? Bien évidemment que non. Ce budget n’est pas bon. L’état de notre pays aurait nécessité une profonde réorientation des grands choix politiques pour faire face aux enjeux et aux défis de notre époque, et non pas des négociations d’arrière-boutique pilotées par un Gouvernement à la dérive.

Les récents propos de l’ancien Ministre de l’Economie et des Finances, Éric Lombard, qui a reconnu que certains des plus riches de notre pays continuent d’échapper complètement à l’impôt, sont insoutenables. Le fait que cette triste réalité ne trouve aucune correction dans le budget est profondément inadmissible.

Je regrette fortement que le Premier Ministre ait fait le choix de se dédire, de renier la parole donnée devant la Représentation nationale et l’ensemble des Français, en annonçant sa volonté de faire adopter son budget par la force, en engageant la responsabilité de son Gouvernement. Dans un contexte où la défiance vis-à-vis des responsables politiques n’a jamais été aussi forte, affaiblir ainsi la crédibilité de la parole donnée constitue un très mauvais signal. Ce choix laisse aussi un goût amer : celui du temps perdu et du mépris du travail des Députés.

Un Député voulant s’opposer à un budget qui n’est pas soumis vote, n’a d’autre choix que de voter la censure. Élu pour incarner une ligne d’opposition claire au macronisme, je tire les conclusions du mandat qui m’a été donné par les électeurs, en prenant mes responsabilités.

Enfin, je ne souhaite en aucun cas être associé, et encore moins co-responsable, de la fin de ce pitoyable quinquennat, ni donner l’impression d’être prêt à toutes les compromissions et tous les reniements pour faire durer ce mandat, en redoutant un hypothétique retour aux urnes.

Je continuerai d’agir sans relâche, à l’Assemblée comme dans la 1ère circonscription, en fidélité aux engagements pris devant les électeurs.

Lire dans la presse : 

Avec la non-censure, le PS s’isole un peu plus de la gauche

Une poignée de députés socialistes ont voté la censure du gouvernement, à l’inverse des insoumis, des écologistes et des communistes, qui s’y sont unanimement ralliés. Les rares frondeurs du PS disent leur malaise, et des militants rendent leur carte, sidérés par ce retour en arrière avant les élections municipales.

Les motions de censure LFI et RN sur les recettes du budget rejetées : Qui a voté, ou pas, la censure ?

L'Assemblée nationale n'a pas adopté les motions de censure qui avaient été déposées - l'une par les groupes de gauche hors PS, l'autre par le RN et l'UDR - en réponse au 49.3 déclenché par Sébastien Lecornu, sur la partie "recettes" du projet de loi de finances pour 2026.

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