Je tiens à dénoncer avec force les récentes propositions du MEDEF sur l’emploi des jeunes.
Derrière le mot-valise de « flexibilité », l’organisation patronale exhume des projets que le pays a déjà rejeté : précarité prolongée, droits différés, insécurité sociale organisée.
La création d’un « CDI jeunes », contrat à droits progressifs permettant de licencier sans motif pendant trois ans, constituerait un véritable contrat de la honte, avec comme
promesse, l’angoisse et la précarité. Comment se projeter, se loger, accéder au crédit ou construire un avenir quand on peut être remercié du jour au lendemain, sans justification ?
Ce contrat ne sécurise rien : il institutionnalise l’instabilité.
Alors que la jeunesse de notre pays demande de la dignité et des perspectives pour son avenir, le patronat lui propose de la précarité et des vieilles lunes des années 90.
En proposant ce dispositif, le MEDEF ressuscite l’esprit du Contrat Première Embauche (CPE), massivement rejeté par la jeunesse et le pays en 2006. Mobilisé à l’époque en tant
que jeune étudiant à Jean Monnet, je n’ai rien oublié : la précarité n’est pas une politique pour la jeunesse et encore moins une stratégie économique. Je me tiens prêt à rebattre le pavé aux côtés des jeunes et des salariés si de telles mesures devaient revoir le jour.
Je réafffirme une exigence claire : le CDI doit rester la norme, et les contrats précaires strictement encadrés. Les parcours hachés entre stages sous-payés, CDD à répétition et périodes de chômage enferment trop de jeunes dans une spirale d’insécurité sociale et professionnelle.
Avec mes collègues socialistes, nous défendons une autre voie, fondée sur l’investissement et l’émancipation :
Un investissement plus important dans la formation initiale et professionnelle, par l’élargissement du Contrat d’engagement jeune, la revalorisation de son allocation et une amélioration du statut de l’apprenti ;
Un encadrement strict des stages et une meilleure rémunération de ceux-ci, dont les
dérives actuelles alimentent des effets d’aubaine inacceptables ;
Un plan de long terme en faveur de l’accès à un premier emploi stable, comprenant un investissement dans les compétences, des aides à l’accès à la mobilité et au logement et à la maîtrise des nouvelles technologies.
La jeunesse mérite mieux que des contrats au rabais et une précarité durable.

