À l’occasion de la Journée de la visibilité lesbienne, je réaffirme mon engagement total pour les droits, la protection et la pleine reconnaissance des lesbiennes.
Être lesbienne en France aujourd’hui, c’est encore, trop souvent, synonyme de mise en danger.
C’est faire face à une double discrimination, sexiste et homophobe, souvent aggravée par d’autres formes de violences. Trop souvent invisibilisées, y compris dans les politiques publiques, les lesbiennes restent les grandes oubliées de l’égalité réelle. Cette situation ne peut plus durer.
Une réalité de violences encore sous-estimée.
En 2024, près de 4 800 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées en France, soit une hausse de 5 % sur un an et un chiffre trois fois supérieur à celui de 2016. Les violences anti-LGBT+ continuent d’augmenter, tandis que celles subies par les lesbiennes restent largement invisibilisées. 12 % des témoignages reçus par SOS Homophobie concernaient la lesbophobie, un chiffre qui ne reflète qu’imparfaitement l’ampleur réelle des violences subies. Dans la sphère familiale notamment, les lesbiennes sont particulièrement exposées, sans que des réponses adaptées soient systématiquement apportées.
L’inaction institutionnelle a des conséquences dramatiques.
Le suicide de Caroline Grandjean-Paccoud, après des années de harcèlement lesbophobe insuffisamment traité, rappelle tragiquement le coût de l’inaction. Faute de moyens et de protocoles clairs, trop de victimes restent sans accompagnement, parfois sommées de se taire. Cette défaillance doit marquer un tournant, notamment au sein de l’Éducation nationale.
Pour une égalité réelle en matière de santé procréative et de famille.
L’accès des lesbiennes à la PMA doit se faire dans de meilleures conditions, de même que la reconnaissance des deux mères à la naissance, aujourd’hui trop compliquée. Une incohérence majeure subsiste également concernant les personnes trans, qui doivent pouvoir bénéficier pleinement de leurs droits dans les parcours de PMA.
Face à cette situation, le Parti socialiste et HES LGBTI+ portent des priorités claires :
• Un plan national de lutte contre les LGBTIphobies intégrant pleinement la lesbophobie ;
• Des moyens renforcés pour les associations et la DILCRAH ;
• La formation obligatoire des agents publics, notamment dans l’Éducation nationale, les forces de sécurité intérieure, la santé et la justice ;
• Des protocoles clairs et des réponses effectives face aux violences et au harcèlement ;
• Une égalité réelle dans l’accès aux droits, notamment en matière de filiation et de santé.
Une urgence internationale.
Partout dans le monde, les lesbiennes sont exposées à des violences spécifiques : viols dits « correctifs », mariages forcés, criminalisation.
J’exprime ma solidarité à toutes celles qui en sont victimes, ainsi qu’aux militantes engagées pour leurs droits.
Face à la lesbophobie, il n’y a pas de fatalité. Il n’y a que des responsabilités.
Oui, être lesbienne en France en 2026, c’est encore composer avec l’effacement, la stigmatisation et les discriminations. Mais c’est aussi appartenir à une communauté militante, créative et solidaire, dont la vitalité doit être reconnue et soutenue.
Je continuerai à me mobiliser pour que leurs droits deviennent enfin pleinement réels et effectifs.

