À l’occasion de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement, aux côtés de mes collègues du Parti socialiste, je réaffirme mon engagement en faveur des droits des femmes et de l’accès universel à l’avortement.
Un combat loin d’être gagné au niveau européen et mondial
Au coeur même de l’Europe, plusieurs pays :
- comptent de nombreux praticiens de la santé qui refusent de pratiquer des IVG au nom de leur convictions personnelles ou de leurs croyances religieuses
- pratiquent des coûts d’intervention dissuasifs, non pris en charge par le système de santé des personnes concernées
- appliquent toujours un délai d’attente obligatoire sans justification médicale pour pouvoir accéder à un avortement légal et/ou obligent encore les personnes concernées à assister à des consultations de conseil.
Ces entraves montrent que ce qui devrait être une évidence ne l’est toujours pas pour les forces réactionnaires, aujourd’hui revigorées par l’essor des mouvements masculinistes sur le continent.
Aux Etats-Unis, l’onde de déflagration provoquée par l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade en 2022 est lourde d’impact sanitaire, avec une hausse de 9% de la mortalité liée à la grossesse dans les Etats ayant interdit l’accès à l’avortement (deux fois plus élevée comparativement aux États plus progressistes) et 6% de décès infantiles supplémentaires.
En France, une vigilance à maintenir
Dans un contexte où l’extrême droite semble plus proche que jamais d’accéder au pouvoir à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, l’inscription dans notre constitution en mars 2024 de la liberté de recourir à l’IVG constitue un garde-fou précieux mais insuffisant pour prévenir de nouvelles régressions.
Aujourd’hui déjà, l’accès à ce droit se heurte dans les faits à des inégalités territoriales marquées, avec des taux de recours allant du simple au quadruple entre Les Pays de la Loire et la Guyane et seulement 83% des IVG ayant lieu dans le département de résidence des femmes concernées et 95% dans leur région de résidence.
Pour que le droit à l’IVG soit un droit effectif et non un simple principe réaffirmé, notre offre de soins doit être à la hauteur et suffisamment maillée sur l’ensemble du territoire : cette ligne directrice doit figurer parmi nos priorités à défendre dans le cadre du prochain budget de la sécurité sociale.

