Le budget présenté en Conseil des ministres est une provocation

Le Gouvernement fait le choix de faire peser la quasi-totalité de l’effort d’économies sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires : gel total des APL, de la prime d’activité, gel partiel des pensions de retraites…

C’est 12 milliards d’euros d’efforts sur les seuls ménages modestes. En miroir, la contribution des grandes entreprises est réduite, les superprofits et marges excessives des pétroliers sont préservées et la transmission des super-héritages facilitée.

 

Pour atteindre 5 % de déficit public en 2027, le Gouvernement fait en effet le choix de mettre à contribution les ménages et en particulier les plus modestes :

 

● Les assurés : 2 milliards d’euros sur les arrêts maladie et 2,7 milliards d’euros sur les dépenses de santé (avec une croissance de l’ONDAM limitée à 1,9%) ;
● Les retraités : 4 milliards d’euros avec la désindexation partielle des pensions dès 1 200 euros de pension par mois ;
● Les familles et les travailleurs modestes : 300 millions d’euros avec le gel des APL et 300 millions d’euros avec le gel de la prime d’activité ;
● Les fonctionnaires : 4,5 milliards d’euros avec le gel du point d’indice ;
● Les collectivités territoriales : avec un effort de 5 milliards d’euros qui va peser sur les services publics du quotidien et la préparation de l’avenir.
À l’inverse, le Gouvernement continue à faire des cadeaux aux plus aisés, avec la réduction de la surtaxe sur l’impôt sur les sociétés (-2,5 milliards d’euros) et la réduction de la fiscalité sur la transmission des entreprises.
Si le budget pour 2027 contient de rares mesures positives comme la mise en place d’une taxe sur les produits ultra-transformés et sucrés, celles-ci demeurent largement insuffisantes.

Plus généralement, le Gouvernement continue dans ce budget pour 2027 de privilégier des mesures court-termistes d’économies, sans s’attaquer aux urgences sociales, écologiques et sociétales (baisse du pouvoir d’achat, adaptation au changement climatique, financement de la loi intégrale contre les VSS, justice fiscale, etc.).
Le budget présenté ce matin ne marque donc non seulement aucune inflexion quant à la politique poursuivie, aucune prise en compte de l’urgence des transitions, mais aussi aucune volonté de compromis.

Il est donc inacceptable pour le parlementaire que je suis.
Plus grave encore, ce texte est perclus de mesures au rendement budgétaire marginal mais à la charge symbolique majeure, servant la bataille culturelle de l’extrême-droite.

La responsabilité de la suite des événements repose désormais sur le Premier ministre : à quels efforts de justice fiscale est-il prêt ? A quelles mesures frappant les Français et leurs services publics est-il disposé à renoncer ? Quelles mesures en faveur du pouvoir d’achat et de la transition écologique est-il prêt à accepter ?
Le temps presse.
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