Face à l’aggravation de la crise au Moyen-Orient ces derniers jours, je rappelle, aux côtés du Parti Socialiste, la nécessité pour la France et l’Europe d’adopter une position à la fois ferme et responsable : protéger nos forces et nos ressortissants tout en évitant toute logique d’escalade militaire et en maintenant une perspective politique pour le peuple iranien.
Dès le 3 mars dernier, nous appelions à prévenir toute escalade et à ouvrir une perspective politique pour le peuple iranien. Les développements intervenus ces derniers jours ont marqué une aggravation préoccupante de la crise au Moyen-Orient et placent les Européens devant leurs responsabilités : garantir leur sécurité tout en empêchant que la logique de guerre ne compromette l’avenir du peuple iranien.
Les attaques de missiles et de drones menées par le régime iranien contre plusieurs pays de la région ont fait redouter un embrasement généralisé. L’une d’elles a directement visé des installations accueillant des forces françaises, exposant nos militaires et nos ressortissants à un danger immédiat.
Mes pensées vont à celles et ceux engagés au service de la France, ainsi qu’à l’ensemble de nos compatriotes présents dans la zone.
Les déclarations conjointes de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont marqué un tournant : en se disant prête à engager des actions défensives proportionnées, l’Europe n’est plus seulement observatrice d’une crise régionale, elle en devient actrice. Si la protection de nos forces et de nos ressortissants est légitime et indispensable, elle ne saurait conduire à un engrenage militaire transformant des mesures défensives en un conflit régional durable, sans perspective politique.
Le respect du droit international doit rester la règle.
Cette attitude n’exclut pas des décisions militaires. Mais la France et l’Europe doivent adopter une posture stratégique à la fois ferme, cohérente et maîtrisée. Nul ne peut ignorer qu’aucune évolution politique durable ne peut résulter de frappes aériennes menées hors de tout cadre international. Une telle option ferait peser un double risque : une répression accrue contre le peuple iranien et une extension incontrôlée du conflit.
S’opposer à la nature oppressive du régime iranien ne signifie pas cautionner une dynamique de guerre aux conséquences imprévisibles pour les peuples de la région comme pour la sécurité européenne.
Je condamne toute extension du conflit, notamment au Liban. La France est garante du cessez-le-feu entre Israël et le Liban et doit assumer pleinement cette responsabilité, en soutenant le président Aoun dans son effort de réaffirmation de l’autorité de l’État libanais et de démantèlement du Hezbollah. L’effondrement du Liban ouvrirait une nouvelle fracture majeure dans la région.
Au regard de la situation de nos ressortissants et du risque d’escalade, avec mes collègues du Parti Socialiste, nous appelons le Président de la République à réunir dans les plus brefs délais les groupes parlementaires et les responsables politiques afin de partager les éléments d’analyse nécessaires et de garantir :
- la protection immédiate de nos forces, de nos ressortissants et de nos intérêts, en coordination étroite avec nos partenaires européens ;
- la protection absolue des populations civiles, dans le respect du droit international humanitaire ;
- une désescalade militaire immédiate dans l’ensemble de la région ;
- une mobilisation urgente des Nations unies pour prévenir toute extension du conflit, juger les crimes du régime et préparer les conditions d’une transition démocratique ;
- le renforcement de sanctions ciblées contre les responsables de la répression ;
- la libération immédiate de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus arbitrairement en Iran.
Dans un contexte où les Français sont partagés face à la situation, l’exécutif doit veiller à préserver la cohésion nationale et à assurer la cohérence de sa réponse. Cela suppose de la transparence, de la responsabilité et le rappel constant que la sécurité internationale ne peut être durablement garantie que par le respect du droit international et la protection des civils.

