1er mai : un passage en force inacceptable contre un droit fondamental

Le Gouvernement vient de reculer : le 1er mai 2026 restera chômé.

Une première victoire, qui ne doit pas masquer les tentatives répétées de remise en cause de ce droit.

La décision de Sébastien Lecornu de ne pas convoquer la commission mixte paritaire (initialement prévue ce jour), sous la pression populaire, celle des organisations syndicales et sous la menace d’une Motion de censure, met un coup d’arrêt, au moins temporaire, à la remise en cause de ce jour férié historique. Mais cette reculade ne doit pas faire oublier ce qui s’est joué ces derniers jours.

La proposition de loi portée par Gabriel Attal, visant à faire travailler 1,5 million de salariés le 1er mai, devait être débattue la semaine dernière à l’Assemblée. Les macronistes ont choisi de court-circuiter le débat parlementaire. Par un tour de passe-passe, en déposant une motion de rejet sur leur propre texte, ils ont empêché son examen pour tenter de l’envoyer directement en commission mixte paritaire, où la droite est majoritaire, dans l’espoir de faire passer cette réforme rapidement et sans aucun débat à l’Assemblée.

Autrement dit : pas de débat, pas d’amendements, pas de transparence.
Un passage en force assumé.

Cette méthode n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été utilisée pour faire adopter la loi Duplomb.

Le 1er mai est unique. C’est le seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré, fruit de plus d’un siècle de luttes sociales. Y toucher, ce n’est pas un simple ajustement technique : c’est ouvrir une brèche dans nos protections collectives.

Certains secteurs peuvent déjà faire travailler des salariés lorsque l’activité ne peut être interrompue, et les artisans peuvent ouvrir. Mais cette réforme dépassait largement ces cas précis : elle visait à banaliser le travail le 1er mai.

Elle ressuscitait les vieilles obsessions de François Bayrou sur la suppression de jours fériés : un nouveau pas inacceptable.

Derrière l’argument des « petits commerces », ce texte organisaiten réalité une extension progressive du travail ce jour-là. L’exception était appelée à devenir la norme. On nousparlaitde « volontariat ». Mais chacun sait que, dans le cadre du contrat de travail, ce volontariat est largement théorique.Le rapport de subordination limite fortement la liberté de refuser.

On nous parlaitde compensation. Mais, à chaque fois, les protections finissent par reculer.

Ce texte ne protégeait pas les salariés, il fragilisait leurs droits.
Ce texte ne soutenait pas les petits commerces, il favorisait les grandes enseignes.
Ce texte ne répondait à aucune urgence sociale.

Après la réforme des retraites, cette nouvelle offensives’inscrit dans la même logique : faire travailler toujours plus, sans garanties réelles pour les salariés.

La mobilisation a payé. Mais le combat continue, car le Gouvernement renvoie désormais ce débat à 2027.

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