Nous avons achevé l’examen du troisième texte consacré aux enjeux agricoles en trois ans. Parce que je connais les difficultés auxquelles sont confrontées les agricultrices et les agriculteurs, je m’engage à chaque fois dans chacun de ces débats avec un objectif clair : être utile tout de suite aux agricultrices et aux agriculteurs.
Mes collègues Socialistes et apparentés et moi-même avons ainsi fait le choix de proposer des amendements précis et opérant afin d’améliorer concrètement le texte pour le revenu agricole, contre les concurrences déloyales, pour un partage de la terre et de l’eau. Si, en commission, un travail constructif a été possible, je regrette qu’en séance publique, des alliances allant du centre à l’extrême droite nous ont empêché de confirmer et d’approfondir ces avancées, et de faire du revenu agricole une priorité de ce texte.
En refusant de rééquilibrer le rapport de force entre le monde agricole et la grande distribution, le gouvernement a décidé de saborder les mesures en faveur du revenu agricole. Ainsi, un amendement du groupe EPR, soutenu par le gouvernement, a supprimé l’article 21 créant un “tunnel prix”. Ce dispositif, que nous réclamons depuis plusieurs mois avec l’ensemble des syndicats agricoles, aurait permis de garantir des prix rémunérateurs et de protéger les marchés agricoles par nature volatiles.
Je regrette que la droite ait de nouveau préféré la dérégulation environnementale à la régulation économique. Dans un contexte de canicules de plus en plus fréquentes et de changement climatique, je refuse de décorréler urgence agricole et urgence climatique.
- Les coups portés sur la démocratie locale de l’eau et sa gestion concertée donnent l’illusion d’une réponse aux problèmes du monde agricole. C’est en réalité une dérégulation dangereuse qui risque de se retourner contre les agriculteurs et les agricultrices eux-mêmes, en plus de fragiliser notre environnement.
- Je refuse également la fragilisation du modèle familial agricole et donc je ne signerai pas de chèque en blanc pour permettre au gouvernement de revoir toute la réglementation en matière de bâtiments d’élevage. Cela aura par ailleurs comme conséquence d’accroître la pression environnementale dans certains territoires spécialisés.
Pour toutes ces raisons, j’ai voté contre le projet de loi d’urgence agricole. Je continuerai de me mobiliser sur ce texte, en lien avec mes collègues sénateurs et sénatrices socialistes, afin qu’à l’issue de la navette parlementaire, cette loi ne se contente pas – comme aujourd’hui – d’apporter des réponses superficielles à des questions qui auraient mérité d’être traitées en profondeur.

