Lors de l’examen en première lecture de la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, dite « anti fast-fashion », avec les député·es Socialistes et apparenté.es, nous avons mis en garde contre le risque d’un texte « coquille vide ». Ces craintes se sont confirmées lors de la navette parlementaire et particulièrement lors de la commission mixte paritaire (CMP).
La proposition loi qui nous a été soumise au vote mercredi dernier est en effet dépourvue de véritables mesures d’interdiction et de sanctions à même de lutter contre l’ensemble des effets de la fast fashion, qui représente près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et a pour conséquence directe la destruction de millions de tonnes de vêtements invendus ou portés de manière éphémère chaque année.
Nous avons choisi de nous abstenir sur cette proposition de loi car elle risque de ne produire aucun effet pour freiner ce phénomène, protéger nos petits commerces et valoriser nos petites marques qui souffrent de cette concurrence déloyale.
Ce texte aurait pourtant pu être une véritable loi de régulation de la fast fashion, à trois conditions que j’ai défendues au long des débats :
● En définissant dans la loi des seuils de surproduction et en mettant en œuvre un véritable dispositif de sanction pour réguler l’ensemble des acteurs de la fast fashion ;
● En intégrant le devoir de vigilance dans l’affichage obligatoire des plateformes numériques, afin de mesurer l’impact social et de garantir le respect des droits humains dans la fabrication des produits ;
● En maintenant les interdictions de publicité et de promotion des produits de la fast fashion sur les plateformes numériques et par les influenceurs.
Ce n’est malheureusement pas le cas. Seul le maintien de l’article 3 sur l’interdiction de la publicité est à saluer. Une fois de plus, une occasion a été manquée !
Au-delà de Shein ou des acteurs de la fast fashion, des plateformes comme AliExpress ou Temu amplifient elles aussi l’entrée sur le territoire national de produits qui ne respectent ni nos normes sanitaires, ni nos règles environnementales.
Nous devons renforcer le contrôle de nos importations, afin de mieux protéger nos consommateurs, nos entreprises et notre environnement.
Mon collègue Romain Eskenazi porte une proposition de loi ambitieuse sur ce sujet.

