Sébastien Lecornu propose une cure d’austérité supérieure à celle proposée par François Bayrou (54 milliards contre 44, 10 milliards de plus !) et fait reposer les économies essentiellement sur les ménages modestes, les retraités, les malades, les locataires : gel du point d’indice des fonctionnaires, gel partiel des pensions des retraités, réduction de l’indemnisation des arrêts maladie, gel total des APL …
Tout cela pour financer les nouveaux cadeaux fiscaux offerts aux héritiers les plus aisés (et défendre les mécanismes d’optimisation fiscale existant comme le pacte Dutreil), alors que l’ensemble des études sur le sujet démontrent que la France est en train de devenir une héritocratie. C’est un non sens historique.
En faisant ces propositions, Sébastien Lecornu oublie sa promesse de compromis faite cet été dans un courrier envoyé aux parlementaires. Il fait comme s’il disposait d’une majorité absolue pour mener sa politique libérale. Il est encore dans le déni de la composition actuelle de l’Assemblée nationale.
Ces pistes ne sont pas acceptables pour moi-même et mes collègues député.e.s socialistes, d’autant plus que nous avons démontré la semaine dernière, avec la présentation de nos propres propositions budgétaires, qu’il était possible de soutenir le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs, d’adapter notre pays au changement climatique, de soutenir nos services publics tout en réduisant le déficit public.
Je continuerai à faire mon travail de parlementaire et à mettre des propositions sur la table, mais si la copie finale ressemble à ce brouillon de programme de Gabriel Attal et Edouard Philippe, avec mes collègues socialistes, nous utiliserons tous les moyens pour bloquer ce budget.

