Le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) est inacceptable. Pour réduire le déficit de la Sécurité sociale – qui est la facture de 10 ans de macronisme – le Gouvernement fait le choix de mettre à contribution les personnes les plus modestes et les plus fragiles :
● Les malades : 1,2 milliard d’euros, par le doublement du plafond des franchises médicales, 0,2 milliard d’euros par la baisse des indemnités versées à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, 1 milliard d’euros par la baisse des indemnités versés en cas d’arrêt maladie, 0,9 milliard d’euros d’efforts demandés aux hôpitaux et aux EHPAD au nom de “l’efficience”, 0,4 milliard d’euros pour une augmentation de la CSG pesant sur les indemnités journalières maladie, 0,7 milliard d’euros de transfert de prise en charge de l’Assurance maladie vers les complémentaires, 1,1 milliard d’euros de répercussion probable des tarifs des complémentaires santé à la suite de la prolongation de la taxe exceptionnelle pesant sur ces dernières ainsi que d’autres mesures ; le total des mesures d’économies sur les dépenses de santé étant évalué à 6,7 milliards d’euros ;
● Les familles : 300 millions d’euros d’économies avec le gel des APL et des prestations familiales, ainsi qu’un rabotage de 600 millions d’euros de l’allocation de rentrée scolaire ;
● Les retraités : 4 milliards d’euros d’économies avec la désindexation partielle des pensions dès 1 260 euros de pension par mois.
Ce budget est aussi l’occasion pour le Gouvernement de tendre une main vers l’extrême droite avec des mesures telles que l’instauration d’un délai de carence d’un an pour l’accès à certaines prestations familiales (APL, allocations familiales, etc.), reprenant ainsi une demande historique de l’extrême-droite, pour quelques dizaines de millions d’euros d’économies.
Par ailleurs, si le PLFSS pour 2027 contient de rares mesures positives (taxe sur les produits sucrés et transformés, réforme des allègements généraux de cotisations sociales…), celles-ci demeurent largement insuffisantes.
Plus généralement, le Gouvernement continue dans ce PLFSS pour 2027 de privilégier des mesures court-termistes d’économies, sans s’attaquer aux enjeux structurels de la Sécurité sociale (le vieillissement démographique, la progression des affections de longue durée, le manque de professionnels en santé, dans le médico-social, etc.).
Pourtant, un autre chemin existe pour réduire le déficit de la Sécurité sociale sans faire contribuer les plus fragiles, tant par des mesures justes en recettes que d’économies intelligentes, comme nous l’avons démontré à l’occasion de la présentation de nos propositions budgétaires.

