Mobilités Saint-Étienne/Lyon : je déplore le grand flou des réponses de l’Etat

Mardi 25 novembre, j’ai interrogé le Ministre des Transports, Philippe TABAROT, sur l’enjeu majeur des mobilités entre Saint-Étienne et Lyon, par le biais d’une question orale sans débat. C’est en effet un sujet sur lequel je me mobilise tout particulièrement en tant que Député.

Près d’un an après une question adressée à son prédécesseur, sur l’adaptation de la liaison ferroviaire aux aléas climatiques, un point d’étape semble aujourd’hui indispensable. J’ai donc demandé des précisions sur les études réalisées sur la vulnérabilité de la ligne.

Dans la lignée du programme d’actions Mobi’LYSE, lancé en 2018 pour bâtir une démarche d’amélioration de la mobilité dans le corridor entre Saint-Étienne et Lyon, le service express régional métropolitain (SERM) doit également être une étape majeure pour la liaison entre nos deux grandes villes. Alors que Saint-Étienne Métropole va déposer son dossier SERM dans les prochains jours, j’ai demandé au Ministre si ce projet pouvait être considéré comme prioritaire dès la première vague de labellisation, et si des financements suffisants lui seront consacrés.

J’ai également abordé la question de la circulation routière sur l’axe RN88 / A47, et plus particulièrement le sujet de l’intégration de l’infrastructure autoroutière dans son environnement (financement de nouveaux murs anti-bruit dans le secteur de Terrenoire), ainsi que la problématique de « l’entonnoir » du pont de Givors et du doublement de celui-ci, hypothèse dont nous n’entendons plus parler depuis de nombreux mois, alors que des études sont censées être en cours.

Dans sa réponse particulièrement floue et décevante, après avoir dressé un bilan des travaux et des financements déjà engagés, Philippe TABAROT a seulement indiqué que la deuxième phase du plan d’actions du programme Mobi’LYSE allait débuter, phase à laquelle les collectivités territoriales seront associées. Il a toutefois annoncé qu’il se rendrait prochainement dans notre territoire pour rencontrer les acteurs engagés sur ces sujets.

Les Ministres passent mais les problèmes demeurent. Près de 10 ans après l’abandon du projet d’A45, beaucoup a été annoncé, de nombreuses études ont été lancées, mais les réalisations sont maigres… Notre territoire n’a plus le temps d’attendre, et ne se payera plus de mots.

Voir ma question orale au Ministe des Transports : 

Verbatim 

J’aborde aujourd’hui une nouvelle fois la question des mobilités entre Saint-Étienne et Lyon.

Alors Monsieur le Ministre, j’ai des questions simples et extrêmement précises à vous poser et j’espère qu’elles amèneront de votre part des réponses tout aussi claires et tout aussi précises.

– Est-ce que, oui ou non, l’hypothèse d’un nouveau pont de franchissement du Rhône est toujours d’actualité ? Et si oui, quel est le calendrier de la prise de décision et de réalisation des travaux ?

– Est-ce que, oui ou non, de nouveaux murs anti-bruits vont être budgétés et installés le long de la RN88, en particulier dans le secteur de Terrenoire à Saint-Étienne ?

– Est-ce que, oui ou non, le projet de SERM de Saint-Étienne-Métropole pourra être considéré de façon prioritaire en vue de favoriser le report modal ?

– Et est-ce que de façon plus globale, oui ou non, les engagements financiers de l’État, au titre de ce qu’on a appelé des « alternatives à l’A45 », seront, quoi qu’il arrive, sanctuarisés au profit du territoire.

Il y a un an, jour pour jour, j’avais interrogé le précédent Ministre des Transports sur la liaison ferroviaire entre les deux villes pour solliciter un engagement de l’État en vue d’améliorer la résilience de l’infrastructure, en particulier face à la recrudescence des aléas climatiques.

Il m’avait été répondu que des études étaient en cours pour établir un diagnostic de vulnérabilité de la ligne afin de la renforcer.

Où en sont ces études ? Quelles en sont les conclusions ? Plus globalement, le programme Mobi’LYSE, lancé en 2018, est censé construire une démarche d’amélioration globale de la mobilité dans le corridor entre Saint-Étienne et Lyon, avec la volonté d’agir à court, à moyen et à long terme sur les différents modes de déplacement.

La métropole de Saint-Étienne va déposer dans les prochains jours son dossier de SERM, visant notamment à atteindre un objectif d’un train tous les quarts d’heure en heure de pointe entre les deux villes. Une fois n’est pas coutume, ce projet est très consensuel sur le territoire, et c’est pourquoi la métropole espère vivement être retenue dans la première vague de labellisation des projets, mais espère surtout que l’État sera au rendez-vous en termes de financement.

Si la priorité doit être donnée aux ferroviaires, et en tout état de cause à des solutions de nature multimodale, force est de constater que de nombreux déplacements continuent de nécessiter l’usage d’un véhicule individuel. L’amélioration des conditions de circulation en matière de congestion, en matière de sécurité, en matière de risque et de fiabilité, et l’intégration de l’infrastructure autoroutière dans son environnement, en particulier en milieu urbain à Saint-Étienne, reste une urgence absolue.

Alors certes, des travaux ont pu être conduits ou sont en cours de réalisation, des murs anti-bruits, la construction d’un nouveau demi-échangeur, la réhabilitation, la rénovation des existants, l’élargissement de la bande d’arrêt d’urgence sur l’A47. Il n’en demeure pas moins que la question du doublement du franchissement du Rhône dans le secteur de Givors reste entière pour faire sauter ce qu’on appelle chez nous le nœud de Ternay.

Jusqu’en 2024, diverses options ont été envisagées, étudiées, certaines abandonnées. Mais depuis, la question d’un nouveau pont pour franchir le Rhône dans le secteur de Givors ou de Chasse-sur-Rhône a complètement disparu des écrans radars dans les différents comités de pilotage.

On peut raisonnablement penser que la fluidité du trafic sur l’A47 et tout ce qu’on essaye de faire pour l’améliorer, ça demeurera vain si tout le flux doit inexorablement s’engorger dans l’entonnoir du pont Givors.

Voir la réponse du Ministre des Transports : 

Revue de presse : 

Mobilités Saint-Étienne/Lyon : le député Pierrick Courbon dénonce « le flou des réponses de l’État »

Se déplacer entre Saint-Étienne et Lyon, un enjeu majeur dans la région, a été l’objet d’une discussion entre le député de la Loire Pierrick Courbon et le ministre des Transports Philippe Tabarot, mardi 25 novembre.

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