À l’issue du Comité social d’administration ministériel de préparation de la rentrée, réuni le 26 janvier, le constat est sans appel : le budget 2026 de l’Éducation nationale marque un net recul de l’engagement de l’État.
Derrière les éléments de langage sur la « baisse démographique », le gouvernement fait le choix d’une politique contraire aux besoins du service public d’éducation et aux principes d’égalité républicaine. Ce budget prévoit ainsi 4 032 suppressions de postes, dont 2 229 dans le premier degré et 1 803 dans le second degré. Cette orientation n’est ni accidentelle ni contrainte : elle relève d’un choix politique assumé et constitue l’une des raisons de ma vive opposition au budget du Gouvernement et de mon soutien aux récentes motions de censure.
Pour justifier ces suppressions, le ministère invoque l’augmentation du nombre de professeurs stagiaires liée aux « incertitudes des concours », tout en réduisant le nombre de postes de titulaires. Ce choix précarise les équipes éducatives, fragilise les établissements et met en cause la continuité du service public. C’est une politique d’austérité appliquée à l’un des piliers fondamentaux de la République.
Dans le premier degré, au prétexte d’académies prétendument « surdotées », toutes les académies perdent des postes (-139 postes dans notre académie de Lyon), à l’exception de Mayotte et de la Guyane, alors même que les enseignants exercent dans des classes parmi les plus chargées d’Europe, avec des moyens insuffisants et des difficultés croissantes de remplacement. Dans le second degré, seules quelques académies échappent à la baisse, confirmant une réduction généralisée des moyens.
À cette politique s’ajoute une communication ambiguë sur l’école inclusive. L’annonce de « 2 000 postes supplémentaires » masque une réalité bien différente : seuls 500 postes d’AESH sont effectivement créés, le reste relevant de redéploiements ou de postes déjà budgétés. Dans le même temps, alors que le gouvernement multiplie les discours sur le climat scolaire et la prévention du harcèlement, aucun poste de Conseiller principal d’éducation n’est créé.
Ce budget révèle un projet politique préoccupant : alors que des avancées ont pu être obtenues dans d’autres domaines, le gouvernement a fait le choix de laisser l’École publique parmi les grandes oubliées de ses arbitrages budgétaires.
Aux côtés des personnels, des parents et des élèves, je considère que nous devons défendre une École de la République qui ne soit ni une promesse vide ni une variable d’ajustement, mais un service public doté des moyens nécessaires pour garantir la réussite de toutes et tous, partout sur le territoire.

