En Commission des affaires économiques, nous avons été amenés à nous prononcer sur les suites à donner à une nouvelle pétition citoyenne s’opposant à la version 2 de la loi dite « Duplomb », dont il a été beaucoup question il y a quelques mois.
Le sujet me tient particulièrement à cœur. Apiculteur amateur, je mesure chaque jour l’importance des pollinisateurs pour notre biodiversité et l’équilibre de nos écosystèmes.
Je suis donc intervenu avec force pour réaffirmer mon opposition au retour de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux substances dont la dangerosité environnementale et les risques sanitaires sont aujourd’hui largement documentés.
J’ai rappelé que ce débat n’était pas qu’une simple question de « calibrage » du texte, mais bien une question de principes : le principe de précaution sanitaire, le respect du vote du Parlement qui avait décidé en 2016 de l’interdiction de l’acétamipride, et la confiance dans la science, qui établit progressivement la dangerosité de ces substances.
Les impacts de l’acétamipride sur les pollinisateurs, les oiseaux, les mammifères ou encore la biodiversité aquatique sont désormais connus. Les signaux sanitaires préoccupants se multiplient également en matière de neurotoxicité, de reprotoxicité et de perturbations endocriniennes.
J’ai également dénoncé la méthode employée pour réintroduire ces dispositions : à défaut d’avoir pu faire inscrire à l’ordre du jour une nouvelle version de « sa » loi, le Sénateur Duplomb utilise le projet de loi d’urgence agricole comme un « cheval de Troie » pour remettre sur la table des mesures massivement rejetées par nos concitoyens.
Après la mobilisation historique de plus de deux millions de Français l’an dernier, puis celle de plusieurs centaines de milliers de citoyens cette année encore, je considère que nous avons une responsabilité collective : écouter cette inquiétude grandissante pour l’avenir de notre planète et celui de nos enfants.
Avec mes collègues du groupe Socialistes et apparentés, nous continuerons de nous opposer à ces reculs environnementaux et de défendre une agriculture qui concilie production, santé publique et préservation de la biodiversité.

