L’éducation à l’alimentation adoptée en séance publique !

En Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, nous avions adopté la proposition de loi d’expérimentation instaurant un enseignement obligatoire d’éducation à l’alimentation à l’école, portée par la députée Olivia Grégoire.

Avec mes collègues du groupe Socialistes et apparentés, nous avions obtenu la suppression de l’article 2, qui prévoyait la création d’un fonds permettant le financement de ces cours voire la rénovation des cantines scolaires par des fonds privés issus d’entreprises et même par des dons de particuliers. Une ligne rouge pour nous, au nom du principe de neutralité commerciale à l’école : nous ne voulions pas prendre le risque de voir les fonds de l’agro-industrie ruisseler jusqu’aux salles de classe.

À la tribune de l’Assemblée, j’ai tenu à rappeler ce principe et invité la rapporteure à ne pas tenter de réintroduire un tel dispositif, faute de quoi il ne nous aurait pas été possible de soutenir l’ensemble du texte. Dans une recherche de consensus, Olivia Grégoire a donc renoncé à un tel mécanisme, ce qui nous a permis de voter le texte et de faire avancer concrètement l’éducation à l’alimentation pour tous les élèves.

Retrouvez ci-dessous mon intervention à la tribune lors de l’adoption en séance publique.

Verbatim de mon intervention : 

Monsieur le Président,

Madame la Rapporteure,

Mes chers collègues,

 

Cette proposition de loi nous permet d’aborder une préoccupation du quotidien pour nos concitoyens, un sujet dont les parents d’élèves s’emparent régulièrement, et qui renvoie à de nombreux enjeux culturels et de santé publique que la rapporteure évoque dans l’exposé des motifs, et que nous partageons pleinement. 

Au sein du groupe « Socialistes et apparentés », nous considérons que l’école peut et doit jouer un rôle déterminant dans cette éducation à l’alimentation, grâce à la place centrale qu’elle occupe au sein de notre société et dans la vie quotidienne de tous les élèves. 

Nous avons donc un regard plutôt favorable sur l’expérimentation proposée, même si nous devons veiller à ne pas trop « charger la barque » de l’école, sans moyens supplémentaires.

Toutefois, nous ne pouvons que regretter de devoir passer par la loi, pour rendre effective une disposition déjà présente dans le Code de l’Education. Il y a même un relatif paradoxe à vouloir rendre effectif quelque chose censé être déjà obligatoire, par l’expérimentation de quelque chose d’obligatoire, mais sur la base du volontariat…

Nous adopterons toutefois une approche assez favorable des articles 1er et 3, qui sous réserve de quelques modifications, nous semblent adaptés.

Cependant, l’article 2 est pour nous particulièrement problématique.

Si l’on peut bien sûr comprendre votre volonté, Madame la Rapporteure, de ne pas aggraver la situation financière de notre pays, l’ouverture de votre « fonds d’action pour l’éducation et l’alimentation » aux acteurs privés comporte des risques certains.

Nous considérons que l’école doit rester un sanctuaire hermétique aux appétits privés et aux logiques purement commerciales. Si l’on veut rénover les cantines scolaires, il suffit que l’État donne les moyens nécessaires aux collectivités locales pour le faire.

Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir, demain, une éducation à l’alimentation financée par le groupe Coca-Cola, ou une cantine rénovée par Burger King, et plus largement, voire ruisseler les fonds de l’agro industrie de façon pernicieuses dans les classes de nos enfants. 

Nous ne pouvons pas, non plus, imaginer des cours de cuisine, financé par des fonds idéologisés comme ceux de Pierre-Edouard Stérin ou d’autres puissants argentiers, puisque votre fonds est aussi ouvert aux dons de particuliers. 

Une éducation à l’alimentation pour tous nos enfants oui, mais sans ouvrir les portes de nos écoles aux géants de l’agroalimentaire et de la grande distribution.

Je vous remercie.

Lire dans la presse : 

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