Accord UE-Mercosur : un passage en force inacceptable contre les agriculteurs et contre la démocratie européenne

Alors que le Salon international de l’agriculture s’est achevé ce dimanche, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé l’application anticipée de l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.

Cette décision constitue un nouveau camouflet pour les agriculteurs européens, pour la France et pour la démocratie européenne elle-même.

En choisissant d’engager une application provisoire de cet accord sans attendre l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne ni le vote complet des représentants des peuples européens, la Commission européenne fait le choix du passage en force.

Cette méthode est une faute politique.

Au moment où les agriculteurs européens expriment une inquiétude profonde quant à leur avenir, au moment où l’Union européenne demande des efforts considérables en matière environnementale, sanitaire et sociale, décider d’accélérer un accord commercial aussi contesté revient à alimenter le sentiment d’abandon et d’injustice dans nos territoires ruraux.

Je l’affirme clairement : l’Europe ne peut pas demander toujours plus à ses producteurs tout en organisant une concurrence avec des modèles agricoles qui ne respectent pas les mêmes normes.

Je suis attaché au commerce international et aux partenariats entre continents. Mais ceux-ci ne peuvent se construire ni contre nos agriculteurs, ni contre nos standards sanitaires et environnementaux, ni en contournant le débat démocratique.

L’Europe que je défends est une Europe qui protège autant qu’elle échange.

En anticipant l’application de l’accord UE-Mercosur avant même que les procédures démocratiques et juridiques ne soient achevées, la Commission européenne prend le risque d’affaiblir durablement la confiance des citoyens dans le projet européen lui-même.

 

Je demande :

  • La suspension immédiate de toute application provisoire de l’accord ;
  • Le respect du rôle du Parlement européen et des parlements nationaux ;
  • L’attente de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne ;
  • La renégociation de garanties contraignantes assurant une réelle équité commerciale, notamment par des clauses miroirs effectives.

L’Europe ne peut se construire par le contournement démocratique.

Elle doit se construire avec ses citoyens, ses travailleurs et ses agriculteurs.

Protéger notre agriculture et respecter la démocratie européenne ne sont pas des obstacles au projet européen : ce sont ses conditions de survie.

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