J’exprime ma profonde inquiétude après les frappes militaires menées par Israël et les États-Unis contre plusieurs sites situés sur le territoire iranien, ainsi que la décision, en réaction, du régime iranien de frapper les pays voisins afin de conduire l’ensemble de la région dans le chaos et la violence.
Depuis des années, et encore récemment, la dictature au pouvoir à Téhéran a eu recours à une répression massive (arrestations arbitraires, violences d’État, tortures, exécutions et intimidation systématique) pour faire taire les aspirations démocratiques légitimes du peuple iranien.
En réprimant systématiquement toute opposition, le régime iranien a interdit toute évolution politique pacifique, nourrissant au sein de la société iranienne un sentiment croissant d’impasse et de désespoir. Mais la guerre ne peut constituer une réponse politique à l’aspiration légitime du peuple iranien à la liberté.
Je réaffirme mon soutien au peuple iranien, qui lutte courageusement pour ses libertés fondamentales, sa liberté et la démocratie. L’avenir de l’Iran ne peut être abandonné à un régime qui réprime son peuple ni confisqué par une confrontation militaire entre puissances. Il suppose une mobilisation résolue de la communauté internationale afin de mettre fin à la répression, d’isoler les responsables des violences, de soutenir les aspirations démocratiques du peuple iranien et de créer les conditions d’une transition politique permettant aux Iraniens de décider librement de leurs institutions et de leurs dirigeants.
Dans un contexte déjà marqué par une forte instabilité, l’escalade militaire en cours fait peser une menace grave sur la stabilité du Moyen-Orient et sur la sécurité internationale, exposant une nouvelle fois les populations civiles aux conséquences directes de la guerre.
Je rappelle que la sécurité collective ne peut durablement reposer sur des actions militaires unilatérales ni sur la loi du plus fort mais bien sur le respect du droit international et de la Charte des Nations unies. C’est une condition essentielle pour qu’émerge une issue politique portée par le peuple iranien lui-même.
Face au risque d’un conflit régional généralisé, j’appelle à une désescalade qui doit passer par :
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la réactivation urgente d’un cadre diplomatique international sous l’égide des Nations unies ;
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la fin de la répression en Iran, la libération de tous les prisonniers politiques, le démembrement du corps des gardiens de la révolution islamique ;
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l’organisation, sous le contrôle de la communauté internationale, d’élections libres et démocratiques permettant au peuple iranien de choisir son avenir ;
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le renforcement de sanctions ciblées contre les responsables de la répression et les organisations impliquées dans celle-ci, y compris la saisie de leurs avoirs ;
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la protection absolue des populations civiles conformément au droit international ;
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la reprise de négociations crédibles visant à empêcher la prolifération nucléaire tout en garantissant la sécurité collective dans la région.
J’appelle les autorités iraniennes à mettre fin immédiatement aux violences exercées contre leur population et à libérer les prisonniers politiques ainsi que nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus arbitrairement en Iran.
La France et l’Union européenne doivent prendre toute leur part pour rouvrir un chemin politique et diplomatique. Face au risque d’un conflit généralisé, la responsabilité des démocraties est aujourd’hui d’empêcher l’escalade et de faire prévaloir une issue politique permettant au peuple iranien de décider librement de son avenir.

