Au lendemain de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, je rappelle que les avancées obtenues ces dernières années restent fragiles. Face aux violences persistantes, aux inégalités économiques et aux remises en cause des droits des femmes dans le monde, la mobilisation féministe doit se poursuivre.
Si des avancées symboliques ont été obtenues ces dernières années, notamment l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution, les droits des femmes restent fragiles et jamais définitivement acquis. En France comme ailleurs, les violences sexistes et sexuelles demeurent massives, les féminicides perdurent à un niveau élevé et l’impunité reste trop forte.
Les inégalités économiques persistent également. Au travail, les femmes gagnent encore en moyenne 14 % de moins que les hommes et occupent majoritairement les emplois les plus précaires. Elles assument encore l’essentiel du travail domestique et parental. Dans l’espace public, professionnel, dans la vie politique ou dans le numérique, les discriminations et les violences continuent de limiter leur liberté et leur émancipation.
Face à ces réalités, en France, l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut pas être un slogan. Elle exige des politiques publiques ambitieuses, des moyens à la hauteur et une mobilisation constante.
Dans le monde, les attaques contre les droits des femmes se multiplient. En Afghanistan par exemple, les talibans ont adopté un nouveau code pénal autorisant un mari à battre sa femme tant que les coups ne provoquent pas de fracture ou de plaie visible. Cette loi institutionnalise la violence conjugale et s’inscrit dans une politique d’effacement systématique des femmes, déjà privées d’éducation, de travail et de liberté. Dans de nombreux pays, les droits fondamentaux des femmes sont remis en cause. Les femmes continuent de subir les violences des conflits, des régimes autoritaires ou des crises climatiques, qui frappent d’abord les plus vulnérables.
En Europe et ailleurs, les forces réactionnaires et l’extrême droite s’attaquent aux droits sexuels et reproductifs, tentent de restreindre l’accès à l’avortement et cherchent à remettre en cause des avancées obtenues de haute lutte. L’affaire Epstein a également rappelé combien les violences faites aux femmes peuvent prospérer lorsque l’argent et le pouvoir étouffent la parole des victimes. Dans le même temps, partout sur la planète, les femmes se mobilisent. En Iran, en Amérique latine, en Afrique ou en Europe, des mouvements féministes puissants portent des combats pour la liberté, l’égalité et la dignité.
Face à ces reculs, les mobilisations féministes demeurent essentielles. Les socialistes ont soutenu l’appel à la grève féministe du 8 mars, qui rappelle que, sans les femmes, la société ne fonctionne pas.
Depuis des années, les socialistes défendent un projet féministe ambitieux, construit avec les associations et les mouvements féministes. Récemment, les parlementaires socialistes ont notamment déposé une proposition de loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, afin d’agir sur l’ensemble de la chaîne : prévention, protection, accompagnement des victimes et réponse judiciaire. Ils en demandent l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.
Mais l’égalité réelle suppose d’agir dans tous les domaines de la vie. Les socialistes défendent notamment :
- l’égalité salariale réelle et la transparence des rémunérations ;
- la revalorisation des métiers du soin et du service, majoritairement féminisés ;
- un véritable service public de la petite enfance ;
- la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.
En matière de santé, l’égalité reste également loin d’être acquise. La recherche médicale a longtemps ignoré les spécificités du corps des femmes et certaines pathologies restent encore largement sous-diagnostiquées. Les socialistes proposent notamment :
- un accès garanti à l’IVG, à la contraception et aux soins gynécologiques sur tout le territoire ;
- la création de centres de santé des femmes dans les territoires sous-dotés ;
- une meilleure prise en charge de pathologies comme l’endométriose ;
- la gratuité des protections menstruelles afin de lutter contre la précarité menstruelle.
Dans le numérique et les technologies, l’égalité doit aussi être défendue. L’intelligence artificielle et les algorithmes peuvent reproduire et amplifier les biais sexistes existants. Les socialistes souhaitent notamment :
- lutter contre les biais de genre dans les systèmes d’intelligence artificielle ;
- protéger les femmes contre les cyberviolences et les deepfakes sexuels ;
- encourager la présence des femmes dans les métiers scientifiques et technologiques.
Sur la scène internationale, la défense des droits des femmes doit devenir une priorité politique. Les socialistes défendent notamment :
- une véritable diplomatie féministe pour protéger les droits des femmes dans le monde ;
- la défense des droits sexuels et reproductifs en Europe et à l’international ;
- le soutien aux mouvements féministes et aux défenseuses des droits humains ;
- la lutte mondiale contre les violences, la traite et l’exploitation des femmes.
La lutte contre les violences sexistes et sexuelles demeure une priorité absolue. Les socialistes défendent notamment :
- au moins 2,6 milliards d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes ;
- une justice spécialisée et formée à ces violences ;
- des lieux d’accueil spécialisés ouverts 24h/24 sur tout le territoire ;
- la formation obligatoire de tous les professionnels au contact des victimes.
Dans ce contexte, les orientations récentes du garde des Sceaux, révélées par le journal L’Humanité, demandant de juger certaines affaires de viol en une seule journée pour désengorger les tribunaux ont suscité de vives inquiétudes. Réduire le temps des audiences et limiter le recours aux témoins ou aux expertises reviendrait à traiter ces crimes comme des dossiers administratifs, alors qu’ils nécessitent du temps, de l’écoute et une instruction approfondie.
Les violences sexuelles sont des affaires complexes, marquées par des traumatismes profonds et des enquêtes souvent longues. La réponse ne peut pas être une justice expéditive. Le véritable problème reste le manque structurel de moyens de la justice. Plutôt que d’accélérer les procédures au détriment des victimes, il est indispensable de donner aux magistrats, aux enquêteurs et aux associations les moyens de mener ces affaires avec la rigueur et l’attention qu’elles exigent.

