Après l’intervention du Président de la République, le 2 mars dernier, sur la dissuasion nucléaire française, je prends acte de l’ouverture d’une réflexion européenne sur la doctrine de dissuasion, tout en appelant à des engagements concrets et à un véritable débat démocratique au Parlement.
Le 2 mars dernier, le Président de la République Emmanuel Macron s’est exprimé à l’Île-Longue sur la dissuasion nucléaire de la France.
Dans un contexte marqué par le retour de la guerre sur le continent européen, par la dégradation durable de l’environnement stratégique international et par les incertitudes pesant sur les garanties de sécurité collectives, cette prise de parole engage des choix majeurs pour la sécurité de la France et de l’Europe.
Le Président de la République a souhaité ouvrir une nouvelle page de la dissuasion française en associant nos partenaires européens via la doctrine d’une « dissuasion avancée ». Je salue cette démarche, d’autant qu’elle pourrait amener à des coopérations renforcées au-delà du nucléaire. Cette association de nos partenaires européens appelle désormais des engagements politiques, militaires et industriels concrets de leur part afin de renforcer l’autonomie stratégique du continent.
Le concept d’épaulement entre les capacités conventionnelles et nucléaires a également été évoqué. Avec mes collègues députés socialistes, je veillerai à ce que l’actualisation de la loi de programmation militaire prévue au printemps 2026 garantisse la crédibilité même de notre dissuasion et la capacité de l’Europe à assurer sa propre sécurité.
Nous prenons acte de la décision du Président de la République de revoir à la hausse le nombre de têtes nucléaires ainsi que d’arrêter de communiquer sur leur quantité. Nous réaffirmons notre attachement au principe de stricte suffisance, qui demeure au fondement de la doctrine française de dissuasion.
Toute évolution de la doctrine nucléaire française doit toutefois faire l’objet d’une information et d’un débat approfondis avec la représentation nationale. Les grandes orientations de notre dissuasion doivent pouvoir être discutées devant le Parlement, y compris dans des formats adaptés aux exigences du secret de la défense nationale, afin de garantir un contrôle démocratique effectif des choix engageant durablement la sécurité du pays.
Je reste attaché au multilatéralisme et à l’élaboration de règles collectives en matière de désarmement. Dans un monde marqué par la reprise des logiques de puissance et le risque d’une nouvelle escalade militaire, la crédibilité de la dissuasion doit aller de pair avec une action diplomatique résolue en faveur de la maîtrise des capacités stratégiques et de la stabilité internationale. Les diplomaties françaises et européennes devront être en première ligne pour promouvoir des initiatives visant à prévenir toute nouvelle course aux armements.
Enfin, je souhaite exprimer ma reconnaissance et ma solidarité avec l’ensemble de nos soldats, marins et aviateurs déployés en France et dans le monde qui assurent, par leur engagement quotidien, la crédibilité opérationnelle de notre défense et la protection de la Nation. Ils sont notre fierté.

